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Ci-gît Gweilo - SAUVÉS PAR LE KONG

Ci-gît Gweilo

Ci-gît Gweilo  publié !
Trait d’Union, Magnum Photos, Sauvés par la Poésie / Sauvés par le Kong sont très heureux de s’associer pour vous offrir chaque mois une nouvelle page de poésie visuelle. Sur invitation de Trait d’Union, la prestigieuse coopérative photographique Magnum Photos sélectionne tous les mois pendant une année, une photographie issue de ses archives sur la thématique de l’Asie. Sous la plume de Sven Larsonn, Sauvés par la Poésie s’en empare poétiquement et vous en propose une transcription en rythmes et en rimes.
Apartment block, Shek Kip Mei, Kowloon. 2015  Richard Kalvar/ Magnum Photos
Ci-gît Gweilo 
« Dans cet extraordinaire poème, des surprises d’images nouvelles et invues surgissaient »
Huysmans, A rebours
Evohé Gweilo
Evohé Gweilo 
Il avait rêvé d’oaristys,
de suites bergamasques,
D’anachronismes hantés,
D’amours hypocrites
Qui auraient survécu
Hélas
A la Grande Partition
Qu’un autre avait écrite.
Il fallait le vouloir pour le voir sur cette île
Le ramener des rades,
Il fallait le saisir ce Kairos de la Ville
Quand des estaminets,
Les portes claquaient crades.
Evohé Gweilo
Evohé Gweilo
 
Et il répondait :
Dormeur prends garde à toi l’obscurité est mienne,
Survolant la ville et tous ses cabots morts
Je dévaliserai mes illusions gangrène
Pour voler en éclats, en ébats, en mon for.
« L’on ferme, l’on ferme! »
  • Et puis quoi encore?
Il n’y a donc de répit que pour celui qui dort?
 
je ne crie pas, je cause – une der!
Comment cela j’indispose?
J’ai la bouche en cul de rose
Brillent les lampadaires…
« Assez! Assez! » 
  • La morne satieté!
Mais le juste milieu dépasse toujours un peu! »
Mon cadavre va vite par le frais déjà
Il grogne de n’pouvoir exulter
De recracher ses os sur tous les paliers
Et de crier jeunesse comme s’il n’était pas né.
« Allons donc encore toi ! 
Ne te lasses-tu jamais? »
  • Non frérot non, j’ai soif d’aimer c’est mon lot,
Je crève d’emballer ces traînards de goulots.
« Et qu’on ne te revoit plus ! 
Gweilo de pluie, marchand d’saison »
  • Tant que, tant que chemin faisant,
Ton bistrot ma maison.
Evohé Gweilo
Evohé Gweilo 
Et il pérorait :
J’ai besoin d’ tes ardoises – mon toit
Et que cela déplaise – mon doigt, 
Tu vois cette lueur ? – c’est moi !
Je vis, je bois, je meurs – rebois !
Ivre mort être en vie – basta !
Et qui vivra mourra, tu vois.

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