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Sauvés par le Kong #1 - SAUVÉS PAR LE KONG
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Sauvés par le Kong #1

Sauvés par le Kong #1

HONG-KONG : Port aux parfums mais désert culturel?

“Tu verras Hong-Kong, niveau culture c’est zéro…”
George Dupont écarquille tellement des globes qu’il regrette déjà d’avoir oublié son petit flacon de produit lentilles. Le petit, le bleu et rouge, négligemment déposé sur le lavabo entre le dentifrice séché et l’envie de dormir.

Derechef il s’interroge. « C’est zéro alors ? ». Wanchai est si pieusement vide ce soir-là… Quasiment rien à reluquer, rien quasiment qui vous reluque.

“Ça doit être encore un jour férié consacré à un dieu dragon” se dit George, un chouïa déçu. Ah si ! Là-bas au loin un couple de Chinois qui se roulent une galoche… Il marque un temps, il peut, c’est aussi rare qu’une aurore boréale.

George se reprend, fixe son compagnon de tablée tel Wayne John. Et si le gars en face de lui avait le degré d’alcoolémie inversement proportionnel à la négativité des choses qu’il semble aboyer… ? Bah nan. Il y croit. Il patauge même. Hélant la serveuse d’un « one more » tout sourire, plein de dents brandies.

« Moi c’est bien simple, je rentre à Paname dans 10 jours, je profite de ma petite femme et je me fais la totale Orsay, le Louvre, Carnavalet, les expos, la totale quoi, j’adore, c’est ça Paris ! Bon tu me diras le Louvre j’y suis jamais allé… »

Et merde, t’aurais dû rentrer chez toi ce soir Rocky Raccoon.

George a failli lui dire : “Je ne veux plus jamais qu’un son qui émane de ta bouche soit dirigé vers moi.» Pendant qu’il maugrée cette vilaine pensée, le type en chemise bleu azur ne transpire toujours pas alors que la température ambiante avoisine les 35° et que l’air con défaillant accrédite une certaine thèse du complot imaginée par George, contre George, paranoïaque en nage.

Il se contente lors de prendre un programme du French May, à proxi. Qui traîne là. On lui avait dit à l’instar d’un Patrice Lafont dans Pyramides ; au sujet du grand frenchy raout, en 3 briques : « sponsors », « nombrilisme », « fais-toi-plaize… ».

Mais vous connaissez George, il aime se faire un avis par lui-même, dégoulinant de bonne volonté. Délaissant son comparse de fortune, il feuillette, checke et gribouille un improbable fourre-tout en guise de mémorandum. Wipe out-Nicolas Vial – les Brigitte- French Gourmay- Le Corbusier – la porcelaine des rois- Paris Paname – Ca c’est vraiment toi – Le Bourgeois Gentilhomme- Tel Quel – Blblblb – etc. N’en jetez plus.

La curiosité est un vilain défaut qui n’est pas donné à tout le monde – se dit George. Mais pour peu qu’on ait le temps et la motive de se mettre sur ses deux petites pattes arrière, Hong-Kong regorge de facettes arty et musicales qui sont largement comprises entre le zéro et l’infini (merci mon Koestler). Ce n’est pas Paris, Micheline, ce n’est pas Venise, Francesco, il en convient. Mais il ne peut pas nier que l’effervescence de mai à HK lui avait permis de faire-french ce qu’il lui plaît. Sorti de ses pensées, George lève les yeux.

Deux auréoles azur prennent forme.

Sven Larsonn

Twitter @SvenLarsonn


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