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L’Eternité - SAUVÉS PAR LE KONG

L’Eternité

« Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil. »
Arthur Rimbaud – L’Eternité (Mai 1872)
Trait d’Union, Magnum Photos, Sauvés par la Poésie / Sauvés par le Kong sont très heureux de s’associer pour vous offrir chaque mois une nouvelle page de poésie visuelle. Sur invitation de Trait d’Union, la prestigieuse coopérative photographique Magnum Photos sélectionne tous les mois pendant une année, une photographie issue de ses archives sur la thématique de l’Asie. Sous la plume de Sven Larsonn, Sauvés par la Poésie s’en empare poétiquement et vous en propose une transcription en rythmes et en rimes. HONG-KONG. 1952. Harbour of Kowloon. © WERNER BISCHOF/MAGNUM PHOTOS

L’Eternité

Obole belle en langue,
Tu vogues en vague à l’âme.
Il y a cette heure indue, oblongue, à qui nous devons tout,
Il y a ces parapluies qui déploient tant et tu
Restes à contempler tard les muses balivernes,
Robes longues,
Qui traversent à travers les tavernes d’acajou.
Obole belle en langue,
Tu vogues à vague en l’âme,
Que c’est la mer allée,
Allée,
En le soleil.
La pluie est radieuse, en songe, à cette heure d’esgourde,
Elle abat des rayons d’iodes et de hallebardes,
Et tant qu’il pleut papier tes trouvailles sont des bourdes
Qui ricochent en ton être comme une impulse hagarde.
Obole belle oblongue,
Les argentiques agréent
Que c’est la mer allée,
Allée en le soleil.
Ces nuages s’amoncellent, là-bas, sur les poutres en veines,
Et les visages lointains, en long,
Et calmes et gris et bavent
Les Styx à l’horizon qui t’invitent en leurs barques, et rongent.
Soleille sourit et rayons crissent
Sur les chaloupes désamarrées,
Charon t’oublie,
Ses yeux se plissent,
Te laissent passer
Jusqu’au prochain poëme;
Complice.
Obole belle en langue,
S’entrouvrent Saint Michael
Toutes les vanités,
Gabriel s’éternise comme d’autres s’amoncellent,
Et la mer est allée
Dans l’ut pictura grise,
Et la mer est allée
Cette clepsydre-sel.

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