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	<title>Éditos Archive - SAUVÉS PAR LE KONG</title>
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		<title>Spectacular Spectacular !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[SPLK Editor]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Oct 2018 03:49:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Spectacular Spectacular ! Hong-Kong-Kong Dollar. &#160; Texte : SVEN LARSONN Photos : ALEX REYVAL &#160; &#8221; Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais.&#8221; André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924. &#160; « Haine de la bassesse, admiration du beau, large compas ouvert sur toute chose, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Spectacular Spectacular !</strong></p>
<p><strong>Hong-Kong-Kong Dollar.</strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Texte : SVEN LARSONN</strong></p>
<p><strong>Photos : ALEX REYVAL</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>&#8221; Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais.&#8221;</em></p>
<p><strong>André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>« Haine de la bassesse, admiration du beau, large compas ouvert sur toute chose, amour suprême de la forme, religion de l’art, course inlassable vers l’idéal, telle a été la vie de Gustave Flaubert ; elle est d’un haut enseignement dans notre siècle de positivisme et peut fortifier, je crois, bien des âmes. </em></p>
<p><strong>Caroline Franklin Grout, nièce de Flaubert. Villa Tanil, Antibes, mai 1914.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Georges est fasciné par tout cet argent qui le répugne. Dans ce jeu de l’amour et du bazar qui confine à la question existentielle : « suis-je ici pour gagner de l’argent, vraiment ? » se joue également son avenir. « Should I stay or should I go? ». A Hong-Kong, in San Stanley existe un bar, « Smugglers », un repère de contrebandiers qui est tapissé de billets de banques élimés, agrafés, parafés par les buveurs invétérés de passage. C’est à la fois un repère de pirates et une allégorie de la Caverne en vase clos dont la réalité sensible lui paraît l’exact mirage de ce qu’est Hong-Kong, cette ville qui ment et qu’il aime pourtant.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Georges est accoudé à son rêve.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Que ce soit dans la main d’un calme broker ou dans le vide-poche d’un taxi pressé, le billet de banque est le même. Washington sourit. Mao aussi. Tout le monde a l’air d’être heureux, concentré ou satisfait de lui-même sur un bifton. C’est la base. Le nerf de la guerre c’est de l’envie en veine et du sourire en coin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Yumeji’s thème, sortez les violons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous sommes au Smugglers, les billets de banques brillent et puent tout autour de lui. Ils suintent et le suivent du regard. Ils « pleuvent » hagards. Au plafond, sur les murs, les dictateurs sourient et les zéros zèbrent l’infini. Ça jacasse, caquète, ça rit gras. Pas de carte au trésor dans le sanctuaire du bifton. C’est un arbre lunaire veiné de poutres et d’acajou, une pluie de dollars et de yuans dans une mousson d’alcools en mousse. Une embrassade fraternelle, une retrouvaille entre la monnaie-papier et le bois, une partouze des grands de ce monde avec pour seule vestale Élisabeth II. Le quorum est réuni dans la piscine à fric des morts en trombe : Washington, Mao, James Cook, Sir John Alexander Macdonald, l’oncle Picsou. Tout ça.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand il pense que la Banque de France en son temps avait misé sur Corneille, Berlioz, Debussy, Quentin de La Tour, Montesquieu et Pascal, et puis Delacroix&#8230; Ça avait de la gueule quand même Delacroix : un 100 francs fantasmé, « Liberté » amazone guidant le peuple, sein en bataille recto, place Furstenberg verso&#8230; La plus belle place de Paris avec ses quatre Paulownias coréens et ce lampadaire qui est le cinquième arbre feuillu surgi d’un rêve surréaliste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ça avait de la gueule le 100 boules Delacroix. Après la barbarie à visage humain, le CAC 40 à bouille humaine. « Panache » même pour ceux qui sont à la dèche. T’avais un bout de l’Académie quand t’avais un bon de la Banque de France.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<div id="attachment_817" style="width: 829px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-817" decoding="async" class="size-large wp-image-817" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-819x1024.jpg" alt="Processed with VSCO with q2 preset" width="819" height="1024" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-819x1024.jpg 819w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-240x300.jpg 240w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-768x960.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-1170x1463.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share-740x925.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share.jpg 1536w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><p id="caption-attachment-817" class="wp-caption-text"></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_819" class="wp-caption aligncenter" style="width: 829px;">
<dd class="wp-caption-dd">Alex Reyval  https://www.instagram.com/alexreyval/</p></div>
<p>&nbsp;</dd>
</dl>
</div>
<p>Le juke-box du bar brasse en taille douce et en petites coupures à cinq temps du Roger Waters énervé : « Money, get back</p>
<p>I&#8217;m all right, Jack, keep your hands off of my stack. Money, it&#8217;s a hit »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>George n’a jamais été aussi synchrone avec Pink Floyd. Hong-Kong voudrait faire croire que la petite monnaie, les grosses coupures se brassent à quatre temps, mais il a raison Waters, y’a un cinquième temps qui est l’équivalent du grain de sable dans la <em>machine-machin</em> bien huilée. Le cinquième temps de « Money » il appartient aux <em>coolies</em>, aux vieux de la veille, aux scoliosés des petits charriots en fer sur Caine Road, sur Aberdeen Road, sur ces routes en pente raide qui ne les feront jamais atteindre les 88 miles à l’heure. Ils ne nous voient même plus et se sont faits une raison de crever comme ça, par ignorance. Pour que nous vivions mieux, ils n’ont rien vécu et ne vivront rien. Ce sont les roseaux qui plient mais ne rompent pas, les échafaudages de bambous qui furent les tuteurs d’une cité d’acier et de fric, ce sont leurs vertèbres. Des scaffoldings surannés pour des gratte-ciel qui massent les cieux, ce sont nos ténèbres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Georges ne souffre plus les phalanges recourbées sur les bords des trottoirs, encore moins les sourires cloches de fées en courbes des triomphes. Toutes ces « venges et venges » en désolées de vivre. Il touche une à une ses phalanges pour être sûr d’être bien réel, de n’être pas un animal mécanique. Il existe et tant qu’il bande, tant que sa verge est pleine de de sang, son conatus est bien réel. Hong-Kong est une vanité, un mensonge, c’est une illusion, un mirage depuis le début. La skyline obombre tant de poussière sous les tapis dont nous nous tapissons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est toujours au Smootlers. ils ont changé l’enseigne en une semaine, ce qui est la coutume a Hong-Kong. Les devantures ne durent. Il est au Smootlers anciennement Smugglers de San Stanley a espérer de la contrebande internationale. Dans une solitude à faire désespérer les grains de sable, il voudrait un truc vasculaire et musculaire. Eros, Thanatos, Amok, pulsion de vie, pulsion de mort, pulsion de sexe, pulsion de fric, cette ville est une pulsion. Et l’argent est si violent, cette ville est violente mais la violence couve et peu la voit vraiment ni ne veut la voir. Cette pulsion est à renverser n’importe quel skyscraper, la ville tourne comme un vinyle malsain, t’es avec, t’es dedans, tu culmines en sachant que t’es Icare. T’es bientôt prisonnier, t’es bientôt con, t’es bientôt face à toi même.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au plafond, les effigies salées, les accents mêlés, les billets de banques paraissent pleuvoir du ciel, ils paraissent « pousser dans les arbres » mais ici, dans cet estaminet à tête de mort, ils sont agrafés au bois pour l’éternité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce que l’éternité vaut à Hong-Kong : quelques mois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Elisabeth la deuxième a une agrafe sur le front et c’est comme une césarienne sur la couronne.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’éternité à Hong-Kong se compte en mois et en renouvellement de bail fois 2.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pile de cartons, pier 7. Les yeux embrumés il s’éveille à l’azur, regarde les chiens-stars, sourit aux hébétés touristes. Le ciel est si rose qu’il a l’impression de s’évanouir à Eurodisney. L’IFC a « no face », il déprime en décombres, comme un con de « western » qui n’a plus le droit de se plaindre. Il se doit d’être heureux puisqu’il y a mille fois plus malheureux. Le Progrès nous a inventé mille choses incroyables à acquérir et il y a encore de l’éternité à retrouver dans l’obsolescence programmée. Le Fortress s’écroule, le silicium des écrans plats reprend vie, Queen’s Road grouille de groins, George n’a ses visions que parce qu’il est lent et que la ville est véloce. Propice et coriace.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La skyline détourne le regard des cartons du dimanche, des pique-niques pas étoilés au Bibendum et des chorédrames philippins. Quand cette planète redeviendra un rocher de silicium, dans des millions d’années, Hong-Kong redeviendra un port de pêcheurs sans pêcheurs. Un caillou. Une vanité avec un peu d’hydrogène suspendu dans l’air.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>« Une vanité avec un peu d’hydrogène suspendu dans l’air »</em> qu’il se répète à haute voix.</p></blockquote>
<div id="attachment_819" style="width: 829px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-819" decoding="async" loading="lazy" class="size-large wp-image-819" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-819x1024.jpg" alt="Processed with VSCO with hb1 preset" width="819" height="1024" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-819x1024.jpg 819w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-240x300.jpg 240w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-768x960.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-1170x1463.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3-740x925.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share3.jpg 1536w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><p id="caption-attachment-819" class="wp-caption-text">Alex Reyval  https://www.instagram.com/alexreyval/</p></div>
<blockquote><p>Le rose s’anthracise à toutes ruées. Le ciel gris est comme congelé, des tourbillons d&#8217;oiseaux oisifs tourbillonnent, dans un ciel gris de marbre. Marbré. L&#8217;orage gronde. Les parapluies s&#8217;offusquent. Ce n&#8217;est plus un samedi après-midi c&#8217;est une guerre mondiale. Helter Skelter, Gimme Shelter, back to bercail. Vite « faut qu’on dirait » le Sud. Il veut voir Stanley à l&#8217;heure bleue; celle des chiens et des loups en majorelle de faïence, où chacun croit appartenir à la nuit alors qu&#8217;il n&#8217;est encore qu&#8217;un esclave du Jour, un Sisyphe qu’il faut imaginer heureux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>D’ailleurs chaque jour il se lève avec Friedrich, ça l’excite, se couche avec Baruch, ça le rassure, l’intervalle oscille de droite à gauche entre la souffrance et l’ennui d’Arthur, il le contemple. Et tout le reste est Mickey Parade.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Georges voudrait que son cadavre soit nourricier, reprend une pinte en pensant à toute cette vermine ingrate qui ne lui sera jamais reconnaissante de tout ce malt ingurgité, lui qui se réincarnera en papillon quoi qu’il arrive (Il avait fait le décompte de ses points de karma récemment) puis il relit un poème symboliste consacré à l’endroit, le Smugglers, devenu le Smoothlers donc. C’est cool, y’a du rythme, l’auteur Sven Larsonn lui est complètement inconnu, un type étrange qui se prétend rédacteur en chef et qu’il a peut-être croisé une fois bourré, il ne se souvient lui-même pas très bien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>“Les encombrées d&#8217;archanges</p>
<p>Les fleurs qui mélopées</p>
<p>Trouvaient l&#8217;endroit étrange,</p>
<p>Psalmodiant en archives</p>
<p>L&#8217;envie des noirs mélanges.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Poe, Pis, plus et carènes</p>
<p>L&#8217;arrivée sue boulanges</p>
<p>Qui foudroient en silènes</p>
<p>Les petits hommes oranges</p>
<p>Contraints de boire leur peine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est l’endroit bis,</p>
<p>où,</p>
<p>Parfois éclairées</p>
<p>Sentent les parois pisse</p>
<p>D’où</p>
<p>Le lait écrémé</p>
<p>Et la salive</p>
<p>Bouent.”</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pas inintéressant mais tellement confus&#8230; George range cette bleuette pseudo-littéraire de Sauvés par le Kong dans la poche revolver de son veston mac-guffin. De la poésie à Hong-Kong et puis quoi encore? La cinquième pinte de Stella a le goût du fer. George savait bien qu’avoir la maîtrise des mots n’impliquait pas celle des émotions. Qu’on avait beau avoir un algorithme congregant tous les mots de Mme Bovary, on n’écrirait pas, on n’écrirait plus Mme Bovary. Gustave Flaubert c’était Emma. C’était l’œuvre d’un seul type qui avait commué son intelligence en sensibilité, fait de ses propres faiblesses les grandeurs des autres, de sa solitude une feinte sociabilité et d’une aigreur une œuvre emplie d’amour. Georges aurait aimé lui ressembler mais la tâche était immense et la volonté petite.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce type, Sven Larsonn, devrait écrire sur le pognon et les inégalités ahurissantes de cette ville, il serait plus en phase avec la réalité. Hong-Kong est une vanité, un memento mori de fleurs fanées. Ce n’est plus « souviens-toi que tu vas mourir », c’est « rappelle-toi de vivre » et appuie sur le bouton « puissance de la joie ». C’était son mantra à George, son rayon qui darde jaune “poussin” au travers de n’importe quel nuage gris. In the mood for Love, c’est le chapitre espoir. Dissèque-le.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans d’infinis bons gestes, il se repasse ses podcasts, <em>encore à l’envi à dessein et encore.</em> Il commence à déguster de succulents sushis quand une émission préenregistrée sur « L’Education Sentimentale » de Flaubert résonne en ses earphones entrecoupée de lectures.</p>
<div id="attachment_820" style="width: 829px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-820" decoding="async" loading="lazy" class="size-large wp-image-820" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-819x1024.jpg" alt="Processed with VSCO with c3 preset" width="819" height="1024" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-819x1024.jpg 819w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-240x300.jpg 240w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-768x960.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-1170x1463.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4-740x925.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/vscocam-share4.jpg 1536w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><p id="caption-attachment-820" class="wp-caption-text"></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_819" class="wp-caption aligncenter" style="width: 829px;">
<dd class="wp-caption-dd">Alex Reyval  https://www.instagram.com/alexreyval/</p></div></dd>
</dl>
</div>
<p>Il voit les porte—containers mais songe aux transatlantiques. Les baies sont immenses quand les groseilles fument de cheminées. Il entend de la musique jazz qui provient du 3ème étage et voit des bateaux à aubes crépusculaires. Il reçoit un mail de George Dufaure de la Prade qui aura 139 ans dans deux jours et plus rien ne semble plus impossible. Borges lui passe un coup de fil, Georges apparaîtra dans son prochain roman. On lui annonce aussi que Stephen a ressuscité et que malgré l’épreuve et le constat fou de la folie du monde, il se porte bien, qu’il est toujours aussi curieux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La littérature, la poésie, c’est le choix des mots, c’est l’Âme que tu mets derrière, c’est ton « tit » crottin et ton sublime Amour. C’est ton vers de terre amoureux d’une étoile. C’est ton lombric brisé comme un éclat de vitre. C’est du Gustave gueuloir pour du style en musique. Ce sont des poussins jaunes derrière des nuages gris. Ce sont les glaïeuls en glaive du Dormeur Duval, des houx verts et des bruyères en fleur du mal.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il écoute les lectures de l’Education Sentimentale par Fanny Ardent et les sushis lui semblent à présent médiocres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Puis&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Georges se réveille et l’inception prend fin. Soudain il pleut. Un dollar métamorphosé en papillon se pose sur son épaule.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il l’encaisse parce qu’il l’admire.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Your I.D KARD please.</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/807/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SPLK Editor]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Oct 2018 02:47:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Your I.D KARD please. Handover &#8211; Identité &#8211; Hangover  Texte : SVEN LARSONN Photos : ALEX REYVAL &#160; « Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. […] La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>Your I.D KARD please.</b></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Handover &#8211; Identité &#8211; Hangover </span></i></p>
<p style="text-align: center;">
</blockquote>
<p><strong>Texte : SVEN LARSONN</strong></p>
<p><strong>Photos : ALEX REYVAL</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left;"><i><span style="font-weight: 400;"> « Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. […] La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables […]  </span></i><b><i>Arthur Rimbaud à Paul Demeny (Lettre du Voyant, 15 mai 1871) </i></b></p>
<p style="text-align: left;"><i><span style="font-weight: 400;">« </span></i><i><span style="font-weight: 400;">We can climb so high</span></i><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><i><span style="font-weight: 400;">I never wanna die. »</span></i></p>
<p style="text-align: left;"><b><i>John Kay  &#8211; Born to be Wild – Steppenwolf (1968)</i></b></p>
<p style="text-align: center;"><b>Mid Levels fantomatiques &#8211; mars 2017</b></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">C&#8217;est quoi quand t&#8217;es une rock-star ?</span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">George est coi. Le gosse &#8211; Gaspard &#8211; le regarde avec du bleu de détresse à remboucher des rivières. Il ne lui demande pas comment on y arrive, ce dont on a besoin pour y parvenir, non il l&#8217;alpague par un constat établi. George avait toujours eu envie de monter un groupe de rock mais ça ne s&#8217;était jamais fait. Il renchérit Gaspard, avec des yeux noirs immenses :</span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Ça fait quoi d&#8217;y être? </span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">George croit qu&#8217;il est son père, ou peut-être son grand-pere. Ça se floute et tout flotte, George se balade dans son rêve. Il se croirait devant un Noir de Soulages, un vrai, celui de Grenoble dans l&#8217;entrée du musée. Les pupilles de Gaspard deviennent un moebius universel. Un incontrôlable infini de doutes. Et de perspectives forcément déçues; il n&#8217;aura jamais de réponses apaisantes. Bien entendu, George n&#8217;en sait rien mais fulmine une réponse:</span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">C&#8217;est quand les premières notes de &#8220;Where the streets have no name&#8221; résonnent et que c&#8217;est toi Bono.</span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Le gosse le toise, hiératique, d&#8217;une raideur zen confondue de latex jaune Bruce Lee. Il a repris son ballon et a réussi à aligner huit jongles d&#8217;affilée, a regardé derechef George, puis tout était oublié. Les yeux d&#8217;un gosse. Gaspard, c&#8217;était lui la rock star, le jazz poète, le beat writer et il savait parfaitement ce que c&#8217;était d&#8217;y être. Les gazouillis, les couches à chiasse, Dora qui explore beaucoup trop, son con de singe au prénom gitan, il s&#8217;en cognait et lui aussi, d&#8217;ailleurs, de loin, loin, si loin. Aujourd&#8217;hui enfin tout à l&#8217;heure, Gaspard fumera des cigares avec Hitler sur une plage de Cuba, il n&#8217;existera jamais, ne lui posera jamais de questions. Gaspard ne lui posera jamais de questions puisque George ne sera jamais son père. Son amour paternel n’est qu’un rêve rose mate, et c&#8217;est lui l&#8217;Arlequin de la collection. Tout est moins flou et aucun requin ne dévore son avant-bras ankylosé faute de sang </span><a href="about:blank"><span style="font-weight: 400;">à 4h10</span></a><span style="font-weight: 400;"> du matin. L’IFC toise et surplombe sublime à travers les vitres qui sont sales. Il se réveille se rendort. </span><a href="about:blank"><span style="font-weight: 400;">4h30</span></a><span style="font-weight: 400;">. Il y a 30 mauvais Dj qui abrutissent de beats et de basse son pauvre crâne. Puisqu&#8217;il y a des boîtes de nuit qui s&#8217;appellent </span><i><span style="font-weight: 400;">Insomnia</span></i><span style="font-weight: 400;">, il avait décidé de nommer son insomnie </span><i><span style="font-weight: 400;">discothèque</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-809" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017-1024x768.jpg" alt="dji_0017" width="1024" height="768" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017-1024x768.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017-300x225.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017-768x576.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017-740x555.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0017.jpg 1100w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><b>Kennedy Town, cabinet du Docteur Wong &#8211; Avril 2017. 9h30</b></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Le médecin lui demande un diagnostic. </span><i><span style="font-weight: 400;">C&#8217;est pas mon job</span></i><span style="font-weight: 400;"> que George répond. Et puis ça fait tellement de cauchemars identiques de suite dont il lui répète l&#8217;arc narratif… Le </span><i><span style="font-weight: 400;">spécialiste</span></i><span style="font-weight: 400;"> n&#8217;arrive toujours pas à flécher un début d&#8217;explication.</span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">D&#8217;où vient votre hyperactivité? </span><span style="font-weight: 400;">qu&#8217;il pose, le toubib</span><span style="font-weight: 400;">.</span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">J&#8217;en sais rien&#8230; J&#8217;ouvre les yeux </span><a href="about:blank"><span style="font-weight: 400;">vers 5h</span></a><span style="font-weight: 400;">, je me convaincs d&#8217;un cancer imminent, je gobe deux kawas, j&#8217;imagine que je vais mourir d&#8217;un infarctus dans 30 min, je lis de la Poésie, j’écoute Onfray en podcast et ça me lance pour la journée. Le reste du temps, je lis, j&#8217;intègre, je dissèque cran par cran les raisons de mon inutilité sur Terre, j&#8217;ai des grosses crises identitaires, qui suis-je vraiment, qu&#8217;est ce que je fous ici, quel est le plan, mon ultima verba, est-ce qu&#8217;il y a vraiment une lumière au bout du tunnel, j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être une putain de retrospective Woody Allen, et </span><a href="about:blank"><span style="font-weight: 400;">vers 18h</span></a><span style="font-weight: 400;"> je bois. </span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Ah. Je vois, je vois, et&#8230; Ces « grosses » crises identitaires? Ça vous arrivait en France?</span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Euh&#8230;Pas vraiment non. Enfin je crois pas…</span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Vous souffrez de ces troubles identitaires depuis que vous êtes arrivé à Hong-Kong n&#8217;est-ce pas ?</span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Je sais pas, j&#8217;étais plus jeune, ça paraissait plus cohérent&#8230; Je sais pas comment dire, plus installé, plus tracé. L&#8217;inconnu au jour le jour j&#8217;adore, je voyage beaucoup et je me perds tout le temps, je fonce et j&#8217;en redemande mais une partie de moi-même n&#8217;est pas d&#8217;accord avec ça. C&#8217;est censé être normal alors ?</span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><b>Stanley &#8211; fin avril 2017.</b></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Depuis six mois maintenant il s&#8217;est mis en coloc avec des moustiques. Des femelles. Celles, seules, qui piquent et sucent. Un vrai harem de trompes à qui il reste fidèle chaque nuit. Son corps n&#8217;a absolument plus aucun secret pour elles et de tous les êtres vivants, parasites ou indésirables mondains, ce sont  elles qui lui coûtent le moins cher. Son corps est devenu une source intarissable de leur nectar, leur ambroisie et son sang permettra le développement de leurs œufs. Lorsqu&#8217;elles le sucent trop cependant, il se résigne à les exterminer. Dans des mouvements de Sardanapale éconduit, piégé ; désespérés, presqu&#8217;infantiles, il étrille et tape sur tout ce qui bouge, verres miroirs et rouge colère, jusqu&#8217;à </span><i><span style="font-weight: 400;">s&#8217;entaillader</span></i><span style="font-weight: 400;"> les mains. Après ça il se gratte. Longtemps. Et non sans plaisir. Quand il réussit à en éclater une, vierge de tout soupçon &#8211; </span><i><span style="font-weight: 400;">comprendre à sec</span></i><span style="font-weight: 400;"> &#8211; il place sa langue au fond du palais et tel un aristo décadent, siffle : </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;encore une que les Anglais n&#8217;auront pas!&#8221;</span></i><span style="font-weight: 400;">. Il devient fou. Quand il parvient à en trucider une pleine de sang et que l&#8217;éclaboussure rappelle un Pollock, il ne se dit rien mais sourit d&#8217;abondance d&#8217;une cruauté à jamais pardonnée. Envers les moustiques, le sentiment de cruauté n&#8217;existe pas. Les fracasser est un ordre céleste, un devoir qu&#8217;on doit à la Nature. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Chaque nuit et sans qu&#8217;il sache pourquoi &#8211; </span><i><span style="font-weight: 400;">mais se disant que les moustiques sont sûrement responsables de ça aussi</span></i><span style="font-weight: 400;"> &#8211; George développe de la sérotonine par quintaux. Il ne dort donc plus et effeuille sans ordre tout ce qui lui passe par la tête : l&#8217;envie d&#8217;un smoothie mangue vital; le smoothie pas l&#8217;envie, qu&#8217;il faut posséder ce filtre de mensonge et de création pour que chaque jour soit une obole solaire, que Dieu est Philippin, que l&#8217;ananas n&#8217;a pas sa place sur une pizza, qu’un arachnophobe devrait avoir peur d’aller voir Spiderman au cinéma, qu&#8217;il doit appeler sa mère chaque fois qu&#8217;il relit l&#8217;incipit de l&#8217;Etranger </span><i><span style="font-weight: 400;">(absurde piété filiale censée absoudre ses scrupules)</span></i><span style="font-weight: 400;">, à Enrico ce pianiste pizzaïolo de 65 ans qui faisait ses gammes dans une base américaine qui sentait plus le napalm que le Schubert, à Murray House durant l&#8217;invasion des Japs, au 20 ans du handover puis&#8230; </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Son flux de conscience s&#8217;apaise.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Il repense à ce qu’a dit le toubib sur sa crise identitaire. Il semblait insinuer qu&#8217;il y avait un lien entre son problème et ce port embaumé. C&#8217;est vrai que George était venu par hasard, qu’il avait suivi une fille qui deviendrait sa femme qui deviendrait des larmes et pensait souvent que Hong Kong est à l&#8217;aberration économique ce que Venise est au cadastre sur pilotis : une prouesse et un </span><i><span style="font-weight: 400;">fatum</span></i><span style="font-weight: 400;">. Les deux disparaîtront telles que nous les connaissons aujourd&#8217;hui pensait-il. L&#8217;une par le réchauffement climatique, l&#8217;autre par la marmite chinoise où s&#8217;ébouillantent des grenouilles hong-kongaises. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Hier encore ces grenouilles avaient l&#8217;échelle qui indiquait le climat du moment, demain encore elles s&#8217;empareront de parapluies qui ne les protégeront plus de la pluie de soude mandarine. Et nous petits Français&#8230; Des froggies cuits comme des cuisses de poulet, toujours prompts à revendiquer une francophonie dont la Chine se moque éperdument, elle qui se fout déjà bien de parler anglais&#8230; L&#8217;empire du milieu c&#8217;est l&#8217;empire du nombril, et le nombril est immense pensait-il en se grattant le sien. C&#8217;est vrai que Georges pensait souvent que ce qu&#8217;il faisait ici était aussi aberrant. Son identité? Française? Que faisait-il si loin si longtemps? Il voyait ses canettes de Tsing-Tao toujours à moitié vide alors pourquoi rester ? Il se répétait fatidique : des cendres et des larmes, et recommandait une Tsing-Tao à moitié vide.</span></p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-808" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2-1024x768.jpg" alt="dji_0013-2" width="1024" height="768" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2-1024x768.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2-300x225.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2-768x576.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2-740x555.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0013-2.jpg 1047w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: center;"><b>Jaffe Road &#8211; mai 2017</b></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Tinder injection, abjection ? Non ça </span><i><span style="font-weight: 400;">matche</span></i><span style="font-weight: 400;">, elle lui plaît. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Enfin la photo lui plaît. Elle a recadré juste en dessous des seins, ce qui fait que ce qui bombe ressemble à une promesse de désir. Elle a tout compris à l&#8217;érotisme, à la suggestion, à l’entrebâillement, c&#8217;est du culture pub avant le film du </span><a href="about:blank"><span style="font-weight: 400;">dimanche soir</span></a><span style="font-weight: 400;"> selon l&#8217;euphémisme consacré par sa petite chaîne qui monte, et même si George est le seul à distinguer prospective et divination dans ce bar à putes, sa turgescence guette. Elle, c&#8217;est Carolina. Elle lui a envoyé une photo de cuissardes beaucoup trop en latex pour être innocentes et ses aposiopèses suggèrent toute la lubricité qu&#8217;il peut en tirer. Elle est déjà là. George est en retard mais un retard tout relatif et depuis qu&#8217;il a lu Protagoras tout va bien et tout s&#8217;assume puisque tout ce qui est en retard ne lui est pas étranger. Elle avance dans sa direction, se croit sur un catwalk, elle a répété devant une glace, elle baisse les yeux parce que même elle trouve ça un tantinet ridicule. Ça confine au conte. Tendance </span><i><span style="font-weight: 400;">sparkling</span></i><span style="font-weight: 400;">. Elle ne se plaint pas. On ne s&#8217;entend pas. Tout hurle. Ça confine au merveilleux. Un Shrek chinois hagard lui tape sur l&#8217;épaule, c’est manifestement bon signe. Qui retient les licornes en coulisses? Elle arbore un sourire trois pièces avec vue sur la mer et sa pétulance recharge les appétences de George. Ce sourire est coupable votre honneur. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Mais.</span></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Elle est venue avec des copines.</span></i></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Ses copines rient à défaut d&#8217;exister. Merde elle a des copines. Voyage de groupe comme des Marocaines en trimballe. Adolescence du rire faux et surexagéré. Suraigu. Leurs rires accomplissent la prouesse de couvrir la musique. Elles rient comme elles l&#8217;ont toujours fait depuis leurs 13 ans. Une braguette ouverte, un puceau, rires. Tout est prétexte à gorger leur larynx d&#8217;un trop plein de rien. Un cocktail, un détail con, rires. Leurs rires toutes dents dehors toutes </span><i><span style="font-weight: 400;">genciviées</span></i><span style="font-weight: 400;"> vaudraient un caméo. Celui d&#8217;Aristote, toge mal repassée, se pendant au milieu d&#8217;une bibliothèque dans </span><a href="about:blank"><i><span style="font-weight: 400;">le Nom de la Rose</span></i></a><span style="font-weight: 400;">. Avec un Dj sourdingue et anachronique dans le fond. Il s’imagine écouter </span><i><span style="font-weight: 400;">&#8220;What a wonderful world&#8221;</span></i><span style="font-weight: 400;"> en face d&#8217;un tableau de Jerome Bosche, y&#8217;a des aplats qui grisent, et des couleurs qui grincent. Devant lui à ce moment là, les aplats flashent et ce sont les rires qui grincent. Est-ce que les licornes ont des boules quies ? Sa pulsion de mort et sa pulsion de vie se confondent dans un jeu dangereux. Elles est venue avec ses copines, il y croit pas. George pense trop et n&#8217;agit pas. </span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Arrêtez de les mater les mecs, on dirait des poursuites dans un théâtre du vice, murmure Georges à ses amis imaginaires.</span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Il tente une entrée en l&#8217;anti-matière. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Ses amis restent aussi silencieux qu&#8217;imaginaires.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Elles ont grillé; le balayage de leurs cheveux quasi-reptilen les a grillées en retour. Elles se savent vues et désirent l’être. Elles ont peu ou prou perçu sa réplique fantôme, George se lève, grille l&#8217;initiative, prend les devants dans l&#8217;élan bien connu du &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">foutu pour foutu</span></i><span style="font-weight: 400;">&#8221; et lance un :</span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Hey! What&#8217;s up Carolina ?</span></i></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">À force d&#8217;être seul, sa vie était devenu un fil d&#8217;actualités. D&#8217;actualités des autres. Il tente de recracher en trombe ce qu&#8217;il a vu défiler depuis les dernières 72h, des potins trashy aux conflits dans le monde, des ceintures d&#8217;explosifs qui n&#8217;ont pas explosé à l&#8217;op Botox qui avait merdé, mais tout se déroule dans un bain-marie de faux sourires que le bar impose dans un silence assourdissant.</span></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Elle danse avec ses copines, presque foutu.</span></i></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Le jukebox hurle </span><i><span style="font-weight: 400;">in english</span></i><span style="font-weight: 400;"> que nous serons tous libres, qu&#8217;on ferait bien d&#8217;y croire parce que ça arrive. Dans un Futur proche ça arrive. Il se fait la promesse de ne plus jamais traduire les chansons anglo-saxonnes, de laisser ça à Sheila, aux Yéyés, Cloclo et consorts et de couler le convecteur spatio-temporel dans du plomb. Un quidam remet une pièce. Les néons ont l&#8217;air d&#8217;intestins fluos, et les petites bulles dedans sont les signes de l&#8217;asphyxie d’une musique qui se noie. Il y a des Américains et des vieux Chinois qui communient dans le même pas de danse et c&#8217;est aussi drôle que saugrenu. On dirait une fable sur la résilience. Ou une parodie du clip de </span><i><span style="font-weight: 400;">Let&#8217;s Dance</span></i><span style="font-weight: 400;"> si Bowie était parti aux chiottes et que la caméra avait continué de tourner. Il ne manque plus qu&#8217;un Russe et un Nord-Coréen dans la scène pour que tout ça devienne une mauvaise blague cent fois répétée. Ou l&#8217;entame loufoque du troisième conflit mondial. George pense trop, où est, où sont&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="font-weight: 400;">Elle se barre avec ses copines. Clairement foutu. </span></i></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Adieu donc Carolina. Elle ne lui a même pas demandé si George était son vrai nom ou juste un pseudo. Elle non plus ne saura pas qui il est. Tout le bar bisse des &#8220;</span><i><span style="font-weight: 400;">My way</span></i><span style="font-weight: 400;">&#8221; comme des Philippines qui s&#8217;égarent et les lunes d&#8217;en face strient les mortels désirs des pauv&#8217; gars d&#8217;comptoir. George ne rêvait que d&#8217;un bassin contre un bassin, d’une mer en une mère, d&#8217;un océan Atlantique contre une Méditerranée comme on en voit qu&#8217;à Tanger. Plus la sérotonine se met en joie avec l&#8217;alcool et plus la note est fausse, alors dans ce bar tout concorde dans un monde de fakes, de cris et de petits drames dans l&#8217;infini récit des humains qui s&#8217;emmerdent. C&#8217;était limpide : personne ne sortirait d&#8217;ici vivant. C&#8217;était limpide, George sortirait d&#8217;ici rampant.</span></p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-full wp-image-810" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0019-edit.jpg" alt="dji_0019-edit" width="720" height="540" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0019-edit.jpg 720w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2018/10/dji_0019-edit-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></p>
<p style="text-align: center;"><b>Kennedy town – juillet 2017 &#8211; même toubib suppute encore.</b></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400;">Alors George, qui êtes vous ? glissa le docteur Wong dans un sourire noir réglisse qui s&#8217;enroule sur lui même.</span></p>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">J’ai un peu réfléchi à ce que vous m&#8217;avez seriné la dernière fois doc. Doc parce que je vous respecte. Et honnêtement, j’ai déjà l&#8217;impression d&#8217;être quelqu&#8217;un de différent d&#8217;hier. Pas du tout le même qu&#8217;avant hier. Je serai un étranger fini à mon moi dans un mois. Je crois. Je crois que garder une identité est impossible et pauvre de sens, que je suis la somme des belles rencontres qui me plaisent et des belles journées qui me forgent. Et un peu de famille, à la base, certes, Jacques, Suzanne, Raymond, Guy, my ID card please. Je suis même à jamais un peu de Barbara. Je ne lui demande même pas ses lèvres, mais ses bras Doc, en cas de coup dur, savoir qu’elle est là, et elle sera toujours là. Mais… Mais l&#8217;unité du moi est dans le changement, la métamorphose même. Vous faisiez allusion à Hong-Kong la dernière fois. Hong Kong deviendra chinoise comme la Bretagne est devenue française. Mais les pierres ont une mémoire et quiconque reviendra dans cette presqu&#8217;île dans un siècle saura qu&#8217;il n&#8217;est nul part ailleurs qu&#8217;à Hong-Kong.</span></i></li>
</ul>
<ul style="text-align: center;">
<li style="font-weight: 400;"><i><span style="font-weight: 400;">Vous êtes un beau causeur mon garçon mais vous êtes toujours aussi paumé. Semaine prochaine, même heure?</span></i></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sauvés par le kong #5</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/__trashed-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SPLK Editor]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2017 06:09:43 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="vc_row wpb_row vc_row-fluid"><div class="wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12"><div class="vc_column-inner "><div class="wpb_wrapper">
	<div class="wpb_text_column wpb_content_element ">
		<div class="wpb_wrapper">
			<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>BLADE KONG RUNNER</strong></p>
<p style="text-align: center;"><em>« Les androïdes gobent-ils des anxiolytiques pour s&#8217;endormir ? »</em></p>
<p style="text-align: center;"></blockquote>
<p><strong>Texte : Sven Larsonn</strong></p>
<p><strong>Pics : Charles Dieric</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>&#8220;En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit,</em><br />
<em>métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu’une</em><br />
<em>carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus</em><br />
<em>rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait</em><br />
<em>plus qu’à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la</em><br />
<em>corpulence qu’il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux.&#8221;</em><br />
<strong><em>Franz Kafka – La Métamorphose (incipit, 1915)</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-446" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0013_4" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0013_4.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<blockquote><p>
<em>Queen’s Road Central, quelque part dans Sheung Wan.</em></p>
<p style="text-align: left;">Soudain une blatte tomba du fiel.</p>
<p style="text-align: left;">Il était midi ce jour-là et George traînait au rayon charcuterie à méditer sur la vanité des choses. Il faisait ça parfois quand il était moins une, quand le soleil cognait plus fort que tout l&#8217;univers. <em>Inconstance, Ennui, Inquiétude</em>. Soudain, l&#8217;easy listening de<em> &#8220;I just call to say I love </em><em>you&#8221;</em> repassait pour la trente septième fois et demi (une coupure en cantonnais pour appeler une caissière avait rompu le charme peu avant). Il se souvint que de Fusion ce supermarché n&#8217;avait que le nom. Il tâtait encore un peu de l&#8217;index une cuisse de poulet à travers la couche ténue de cellophane et remerciait qui pouvait l&#8217;entendre (<em>Dieu? Stevie Wonder?</em>) d&#8217;avoir placé les hommes au sommet de la chaîne alimentaire. Ça allait être une bonne journée.</p>
<p style="text-align: left;"><em>No New Year&#8217;s Day to celebrate</em><br />
<em>No chocolate covered candy hearts to give away</em></p>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-444" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0011_6" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0011_6.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">Soudain une blatte tomba du fiel.<br />
Dans son col.</p>
<p style="text-align: left;">Elle avait dû glisser d’un néon blafard dont le tapis de crasse sert de terreau aux faunes invertébrées. Et ses pattes effrayantes, effrayées, se congestionnant tant au tissu qu&#8217;à sa peau, produisirent le picotement gras d&#8217;une minuscule et monstrueuse acupuncture. Stevie continuait de chanter l&#8217;appel de l&#8217;amour, George se mit à hurler son dégoût de l&#8217;amer. Il se secouait comme un convulsionnaire de la Saint Médard.</p>
<p style="text-align: left;"><em>No first of spring, no song to sing</em><br />
<em>In fact here&#8217;s just another ordinary day</em></p>
<p style="text-align: left;">Le cafard avait glissé sur la zipline de la veste Gap à 1590 hk$, dégringolé sur la ceinture Massimo Dutti à 1250 hk$, tenté de se cramponner au velours du pantalon Hugo Boss tout neuf à 2060 hk$ et avait fini sa chute sur les pompes Sandro à 3120 hk$ avant de mordre la poussière, plus bas que terre, dans une rainure de suie et de merde, sonné, effaré, à plat dos, les mandibules pleines de crasse &#8211;<em> ce qui ne contrastait guère avec l&#8217;abjection habituelle de son environnement</em> &#8211; mais bien vivant. Se tortillant piteux mais plutôt fier de lui, l’insecte était parvenu à se remettre sur ses petites pattes arrière et avait filé fissa vers de nouvelles aventures pleines de suffisance et de médiocrité à travers les mondes souterrains que lui seul connaissait.</p>
<p style="text-align: left;"><em>Un vrai petit banquier</em>, songea George.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-445" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0012_5" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0012_5.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">Nous étions déjà le 3 février 2017 et Georges s’en voulait d&#8217;avoir raté la veille la journée mondiale des zones humides. On ne badine pas avec ces choses là et c&#8217;est chafouin qu&#8217;il se dirigea vers la caisse centrale, d&#8217;un pas naturel, comme appelé inconsciemment et comme c&#8217;était le cas depuis l&#8217;âge de ses 5 ans dans les super-hyper-méga-hypra-marchés. Walking zen.</p>
<p style="text-align: left;"><em>No April rain</em><br />
<em>No flowers bloom</em><br />
<em>No wedding Saturday within the month of June</em></p>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-437" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0002_15" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0002_15.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">Toujours perdu, plus tard paumé, c&#8217;est à cette époque &#8211; ses 5 ans &#8211; que Georges développa un sens aigu de la contre-orientation qui n’allait jamais le décevoir par la suite. Se fourvoyer était son quotidien. Les satellites, la géolocalisation, les chiens dans l’espace, rien n&#8217;y avait fait. Un trois pièces pouvait devenir un dédale, une avenue une impasse. Ce jour-là il se perdit au rayon lingerie trans quand soudain&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; A Paris c&#8217;est un milieu de putes, ambiance le Diable s&#8217;habille en Prada&#8230;<br />
Ici à Hong-Kong ils s&#8217;habillent en H&amp;M mais ils bossent tous pour le diable, tu vois?</p>
<p style="text-align: left;">Il surprenait une discussion dont l&#8217;une des voix ne lui était pas étrangère. Par le pouvoir du crâne ancestral, était-ce possible ? Il revivait sur-le-champ le coup de foudre unilatéral qu&#8217;il avait ressenti bien des années avant.</p>
<p style="text-align: left;"><em>Vanessa</em>, celle-là même.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-440" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0006_11" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0006_11.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">Il s’incrusta sans saluer, comme hypnotisé. Vanessa mixait l’anglais et le français avec un naturel déroutant. Elle devait forcément avoir des origines anglo-saxonnes. D’ailleurs depuis peu &#8211;<em> explainait elle</em> &#8211; elle avait embauché une helper philippine juste pour sortir son caniche. Vanessa s&#8217;en occupait si peu que le toutou avait fini par aboyer en tagalog. Elle s’en amusait avec un rire qui n’appartient qu’aux gens snobs.</p>
<p style="text-align: left;">Alors que la discussion tanguait entre le bateau ivre et les bâtons rompus, Georges osa lui balbutier qu’elle était belle et qu&#8217;il la désirait. Il aurait pu lui dessiner des troupeaux entiers de moutons électriques pour l’apprivoiser. Elle coupa court et d’une mornifle couperet :</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; Hong-Kong est une ville caféinée. Pas en nombre de Starbucks au mètre carré nan mais en termes d&#8217;énergie tu vois. Ce que tu lui donnes elle te le renvoie au double. Comme Venise, il ne faut pas y aller en étant triste, sinon c’est à se pendre. L’energie de la ville se retourne contre toi.</p>
<p style="text-align: left;"><em>No summer&#8217;s high</em><br />
<em>No warm July</em><br />
<em>No harvest moon to light one tender August night</em><br />
<em>No autumn breeze</em></p>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-441" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0007_10" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0007_10.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">Près de la caisse enregistreuse, Georges farfouilla ses poches à la recherche de sa carte Octopus. C&#8217;est un sésame qui permet de nombreuses transactions : aller-retour en star ferry, tickson de bus, kit-kat pistache. Vanessa évoqua ses achats compulsifs, frénétiques, et son American express élevée au rang de scapulaire.</p>
<p style="text-align: left;"><em>In Amex she trusts.</em></p>
<p style="text-align: left;">&#8211; Le meilleur moment, c&#8217;est quand tu as l&#8217;impression qu&#8217;elle crépite. Le prix je m&#8217;en cogne, c&#8217;est l&#8217;achat en lui-même que je trouve jouissif si tu veux…</p>
<p style="text-align: left;">Elle avait le pouvoir de ralentir le temps avec des inepties. Il acquiesça sans se convaincre. Lui qui avait toujours aimé piquer des gels douche dans les hôtels parce qu&#8217;ils avaient le parfum de la gratuité.</p>
<p style="text-align: left;"><em>But what it is, is something true</em><br />
<em>Made up of these three words that I must say to you</em></p>
<p style="text-align: left;"><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-436" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-1024x429.jpg" alt="Charles_DIERIC_0001_16" width="1024" height="429" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-1024x429.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-300x126.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-768x322.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-1170x491.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16-740x310.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/Charles_DIERIC_0001_16.jpg 2046w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p style="text-align: left;">George n&#8217;avait plus de dollars sur son octopus élimée. Comme tous les gens de bonne foi, il avait pensé que le crédit en était illimité. Que le mot bulle était rigolo jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle éclate comme une anacoluthe. Il achèta un énième paquet d&#8217;Airwaves pour obtenir du cashback, pour recharger sa carte, pour acheter encore, encore pour acheter, pour acheter encore et encore&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">La caissière kongaise le toisa. Les pensées de Georges firent divaguer une file d&#8217;attente de ruminantes qui tapant du pied s&#8217;exaspérèrent en canon. La caissière prit parti sans prendre à partie. Elle lui fit passer un test de Kapital Voight kampff en une dizaine de questions subliminales pour être sûr que ce serait un bon konsommateur, jusqu&#8217;à sa mort et même après. Une des questions portait d’ailleurs sur les royalties redevables aux ayant droit d’Elvis et de Michel Polnareff. Il avait souri jaune puisque Elvis n&#8217;était pas mort.</p>
<p style="text-align: left;">Ses paupières pesaient sur son khôl qui pesait sur ses lèvres, le tout affadissant un air de chienne battue. Elle aboya et il se réveilla.</p>
<p style="text-align: left;"><em>I just call to say I love you…</em></p>
<p style="text-align: left;">Georges n&#8217;était qu&#8217;un bug dans la matrice.</p>
<p style="text-align: left;">Ses mandibules s’alertèrent lorsqu&#8217;il perçut les pas des géants qui se rapprochaient. Comme pour balayer ces mauvais songes il prit congé dans la fissure d&#8217;un ventilateur d&#8217;air chaud dans laquelle il aimait sniffer de la phéromone de femelle. Il se mit à la recherche de crasses pour faire bombance et il savait que le vide-ordures du Macdo ravirait toutes ses espérances.</p>
<p style="text-align: left;">Ce rêve d&#8217;être un humanoïde relevait cauchemar. Esclave des banques, du fric à foison et du désir de plaire passait encore&#8230; Lui aussi se savait nuisible à cause de ses moeurs mais de là à supporter toujours la même musique en boucle, c&#8217;était inhumain.</p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pics : Charles Dieric</strong></p>
<p><strong>Website :</strong></p>
<p><a href="http://www.cgcharlesdieric.com/photography-collection">http://www.cgcharlesdieric.com/photography-collection</a></p>
<p><strong>Facebook :</strong></p>
<p><a href="https://www.facebook.com/charlesdiericphotography">https://www.facebook.com/charlesdiericphotography</a></p>

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		<title>Sauvés par le Kong #4</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/sauves-par-le-kong-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2017 06:24:41 +0000</pubDate>
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		<div class="wpb_wrapper">
			<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>From Peak to Pier,</strong></p>
<p><b>1er sous-titre pompeux</b> &#8211; <i>finalement abandonné </i>&#8211; <b>et pas des masses compréhensible</b> : poésie d&#8217;une itinérance odoriférante.</p>
<p><b>2nd sous-titre</b><i> &#8211; en cours de discussion </i>: aller d&#8217;un point A à un point B en reniflant toute la beauté qui nous submerge.</p>
<p><b><i>“Tout change”</i> </b></p>
<p><b>-520 av J.C</b> Héraclite d&#8217;Ephèse professe le devenir universel.</p>
<p><i>Juin 2016 après Jézousse &#8211; pendant l&#8217;Euro de futchbôl.</i></p>
<p>Georges n’a pas à tendre l’oreille, on le lui a souvent tirée… <i>“Tu vois ce truc? Y&#8217;a un an c&#8217;était tenu par des Français qui se gavaient grave. Fines bulles, émail diamant, la totale. Ça riait fort, parlait tout bas. Depuis la crise on dirait la Porte de Clignancourt, et encore plutôt les abords. Ils se sont barrés et depuis pas sûr que ça pétille ailleurs. Tu connais Héraclite connard? &#8221; </i></p>
<p>George déambule. Elgin Street.</p>
<p>La rue qui escamote les devantures comme un paradis fiscal les boîtes aux lettres sent la liesse. Parce que la ville bouge sans cesse tu comprends. <i>Umpf </i>soupire-t-il. C&#8217;est marrant parce qu’en revanche les videurs népalais ont toujours la même gueule. Quelques notes de musique s&#8217;échappent. S&#8217;écoule un standard des années 80, de la daube à donf, de cette époque où les hipsters d&#8217;alors pensaient que le saxo, c&#8217;était cool, que le synthé c&#8217;était l&#8217;avenir…</p>
<p><i>&#8220;Bach to the Future” </i>maugréait George, si seulement le glockenspiel et le violoncelle pouvaient renverser la tendance. La Peña Picada &#8211; George se colloque au zinc, voir l&#8217;ami César. Tout règne dans une insolente euphorie, du verre qui trinque à la bise qui claque. Griezou plante, éructions, érections. Il s&#8217;aventure dans l&#8217;espace clos, chill in, distribue les bises.</p>
<p><i>&#8211; Avé, qu&#8217;il lui dit George. </i></p>
<p><i> &#8211; Une pinte à bulles? rétorque César . </i></p>
<p>Rictus approbation, regard en coin con. But. Bof. Et donc? Pas loin, une Chilienne aux joues creuses, ridées, cavées se délecte d&#8217;un riz pilaf. Pouf, il engage la discussion parce qu&#8217;il est poli. L&#8217;Evita locale cause si bien anglais, à peine saupoudré d&#8217;accentuations spanish… Ça mérite son flot de questions, George se rapproche.</p>
<p><i> &#8211; Z&#8217;avez fui l&#8217;pays après la chute d&#8217;Allende? Après le coup d&#8217;état de Pinochet?“ </i></p>
<p><i> &#8211; No Pinochet c’est mon super-hero ! Le Chili n&#8217;a jamais été aussi grand. C&#8217;était un génie ce gars, un grand homme vraiment. T&#8217;en penses quoi de ce riz, goûte cabrón !</i></p>
<p>Faute à un prurit, elle gratte son dos sévère, Évita. En veines elle arbore un tatouage incompréhensible. George derechef s&#8217;interroge. Il comprend que dalle à son tatou. Un papillon? Une planche à voile? Elle lui avouera plus tard que c&#8217;est un papillon qui fait de la planche à voile.</p>
<p>”<i>Unique</i>“ qu&#8217;elle pavane, ”<i>putain tu m&#8217;étonnes</i>“ qu&#8217;il s&#8217;étonne. C&#8217;est pas à mettre entre tous les yeux mignonne, y&#8217;en a qu&#8217;on les orbites critiques qu’il songe alors Georges.</p>
<p><i>&#8211; aucun rapport avec Pokémon Go pas vrai ? </i></p>
<p><i>&#8211; Et bien joustement… </i></p>
<p>Georges aurait souhaité lui découper l&#8217;avant-bras mais souffle de soulagement. Il tient son MacGuffin et Griezmann vient de planter son second pion. La France est sauve mon général.</p>
<p><b><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-389" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2-912x1024.jpg" alt="img2" width="912" height="1024" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2-912x1024.jpg 912w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2-267x300.jpg 267w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2-768x862.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2-740x831.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img2.jpg 1140w" sizes="(max-width: 912px) 100vw, 912px" /></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b> Journée du 8 août &#8211; plein soleil &#8211; Hauts du Peak. Surplomb en bas, mercure en haut.</b></p>
<p><i> Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, Doux comme des hautbois, verts comme des prairies, Et d’autres corrompus, riches et triomphants, […] </i><b>Correspondances </b>in les Fleurs du Mal – Charles Baudelaire (1857)</p>
<p>La torpeur décuple les fragrances, l&#8217;humidité les retient dans l&#8217;air. George et son gogol de nez sont prêts à dévaler ce &#8220;Peak to Pier” comme l&#8217;itinérance incroyable, verticale et parfumée du Port odoriférant. French flair. Fragrances flagrantes, chaque spot exsudera les parfums particuliers de Hong-Kong. Et en déversera sa poésie. Puisqu’il se le dit.</p>
<p>George la veille se gorgeait de certitudes : que le porno au fond c&#8217;était que de l&#8217;amour, que les gens qui font de la muscu ou du théâtre ont toujours eu un gros problème de confiance en soi et que Denver le dernier dinosaure n’était pas un diplodocus mais bien le Corythosaurus le plus cool de tous les temps. De tout cela tabula rasa.</p>
<p>Pleine conscience, pleins poumons, il respire à fond et appuie sur le triangle de son iPod <b><i>– No Line on the Horizon de U2. </i></b></p>
<p>Le shuffle fait si bien les choses.</p>
<p><i>I know a city who’s like the sea I watch her changing every day for me </i>
</p></blockquote>

		</div>
	</div>
</div></div></div></div><div class="vc_row wpb_row vc_row-fluid"><div class="wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12"><div class="vc_column-inner "><div class="wpb_wrapper">
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			<blockquote><p>
Fort de ça, il s&#8217;élance toutes narines dehors. Il va littéralement s&#8217;envelopper du présent. Piger enfin ce que sont ces synesthésies dont on le bassine depuis Correspondances de Charly B. Quel plus bel endroit que le Port aux parfums ?
</p></blockquote>
<p><em>One day she’s still, the next she swells You can hear the universe in her sea shells</em></p>
<p>Bauhinia l&#8217;emblème, le bois de santal, les flamboyants en cascade, pschit- pschit de ilang-ilang, cotonnier dépassé, à présent le bois de rose puis le rhododendron cantonais. Viennent le magnolia carmin de Hong-Kong, le laurier des verts sombres et son cousin le camphrier. George se sent comme Des Esseintes au dixième chapitre d&#8217;À Rebours alors qu&#8217;il dévale de cadence effrénée les hauteurs d&#8217;un port aux baumes qui seules respirent. Ses orgues sont pleines à rabord.</p>
<p><strong>Le Peak est calme mais George est d&#8217;humeur strombolienne.</strong></p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignnone size-large wp-image-390" src="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-1024x832.jpg" alt="img3" width="1024" height="832" srcset="https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-1024x832.jpg 1024w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-300x244.jpg 300w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-768x624.jpg 768w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-1170x951.jpg 1170w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3-740x601.jpg 740w, https://sauvesparlekong.com/wp-content/uploads/2017/01/img3.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<blockquote><p>
La vue des papillons l&#8217;exalte et ses papilles salivent : litchi exotique, jacquier, caramboles pas carambars, bambous bouddha et enfin l&#8217;ombre d&#8217;un banian où il expugne son bien être tout entier d&#8217;être en vie. Et il croit enfin parce que c&#8217;est absurde.</p>
<p><em>I know a city with a hole in her heart She said infinity is a great place to start</em></p>
<p>Tel un Nicolas Bouvier épuisé au bout de 2 km, George se pose et hallucine, en viendrait presque à discuter avec les arbres et se souvient des bons mots du passant considérable et de sa première saison infernale :</p>
<p style="text-align: center;"><em>‘A moi l’histoire d’une de mes folies… J’inventai la couleur des voyelles… Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et avec des rythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible un jour ou l’autre à tous les sens… J’écrivis des silences, des nuits, je notais l’inexprimable, je fixais des Vertiges…’</em></p>
<p>Le rêve s’achève à une encoignure de la Bank of China, une immense vespasienne pour qui l’argent n’a plus d’odeur depuis longtemps… Elle reflète un Klimt bien engoncé jusqu&#8217;au torticolis. Il y voit de la beauté, s’en inspire. Georges poursuit sa route dans Pedder Street embaumé ad nauseam du Fierce en flacon d’Abercrombie &amp; Fitch et manque de perdre connaissance, des lieux et de lui-même…</p>
<p>L’odeur d’essence du Srar Ferry et les poissons séchés de Bonham Strand sonneront le glas… Sa catabase kongaise vaudra pour son constat, les parfums purs donnent le vertige que si on les touche et zieute de là haut.</p>
<p><em>Every night I have the same dream I’m hatching some plot, scheming some scheme</em></p>
<p><em>Oh yeah Oh oh oh oh oh oh oh I’m a traffic cop, rue du Marais The sirens are wailing but it’s me that wants to get away</em></p>
<p><a href="https://twitter.com/svenlarsonn">by Sven LARSONN</a><br />
photos originales :<a href="https://www.instagram.com/artalreyval/?hl=fr"> Alexandre ARTRU</a>
</p></blockquote>

		</div>
	</div>
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		<title>Sauvés par le Kong #3</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/sauves-par-le-kong-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 May 2016 02:37:19 +0000</pubDate>
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			<p style="text-align: center;"><strong>HELTER SHELTER</strong></p>
<blockquote><p>
<em>“Il m&#8217;arrive d&#8217;éprouver une sorte de stupeur à l&#8217;idée qu&#8217;il ait pu exister des &#8220;fous de Dieu”, qui lui ont tout sacrifié, à commencer par leur raison. Souvent il me semble entrevoir comment on peut se détruire pour lui dans un élan morbide, dans une désagrégation de l&#8217;âme et du corps. D&#8217;où l&#8217;aspiration immatérielle à la mort. Il y a quelque chose de pourri dans l&#8217;idée de Dieu !“</em></p>
<p><strong>(Emile Michel Cioran &#8211; Des larmes et des saints / 1937)</strong><br />
George est à la bourre pleine bourre. Stanley Market &#8211; 5:30pm – 4 par 4 – il dévale en trombe les marches du 7/11 et déboîte cavale pour tenter d’attraper un bus. Ça cause français dans tous les coins. <em>« Attends tu vois un peu le jeu du gouvernement ? Des Fabius et compagnie ? »</em></p>
<p>Fermez les yeux, ça sent le terroir. D’autant plus perceptible la tchatche de Molière que le ton, le peu d’accentuation et le rythme la font surnager dans des fréquences peu usitées de <em>l’english</em> ou du cantonnais.</p>
<p>Premiers mots dérobés au vol : <em>« On ne parle plus de la Syrie, soi disant on devait intervenir après que Bachar a utilisé les gaz, putain sérieux des cadavres de gosses plein les rues, armer les rebelles, virer le boucher et puis pschitttt silence radio… »</em></p>
<p>George se saisit de deux paquets de Mentos pour le prix d’un, pour avoir l’haleine fraîche.</p>
<p>Dans sa course folle, tandis que le manche de sa gratte en bandoulière manque d’estropier les têtes à couettes qui dépassent, il chope d’autres bribes de discussion. En provenance de parfaites nubiles cette fois, têtes à claques, que l’ambiance du Dragon-I la veille avait sûrement échaudée :<em> « on a trop ri j’te jure, c’est bien simple y’avait que des connards, enfin y’avait que des Français quoi… ».</em></p>
<p>Une vision s’impose à Georges.</p>
<p>Des dodos sur un banc de sable mauricien style XVIème rococco se résignent à ne pas survivre tellement ils se sentent galeux. A cause de leurs femelles, le struggle for life a le goût du vaudeville. Georges saisit <em>« Soumission »</em> dans sa poche droite et le rouvre à la page 156 où il l’avait laissé, appuyant machinalement sur son lecteur de musiques volées. Le bus 260 direct Central cligne du phare, ouvre ses portes. Frisson heavy, frisson métal…</p>
<p>Le riff liminaire de<em> « Helter Skelter »</em> allait rugueusement dessiner la soirée.</p>
<p><em>« Do you, don’t you want me to love you</em><br />
<em>I’m coming down fast but I’m miles above you »</em>
</p></blockquote>

		</div>
	</div>

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			<blockquote><p>
George se barricade dans ce bus à impériale et retient son lunch le plus loin possible de sa trachée artère. Ça roule à tombeau ouvert et chaque virage appelle une survivance, une victoire intestinale.
</p></blockquote>
<p>Le cerveau reptilien de Georges a même localisé les petits marteaux rouges briseurs de plexiglas au cas où ça tourne-valdinguerait mal. Le chauffeur fulmine. Encore un de ces feux rouges à la con qui ne sert à rien. On croit voir des idéogrammes s&#8217;égosiller hors de sa bouche comme dans un phylactère. Lui dont la voûte plantaire s&#8217;est abattue toute entière sur la tite pédale d&#8217;accélérateur deux secondes plus tôt se voit objecter un stop, tout de LED rouges provocantes.</p>
<p>Georges contracte ses ischio-fessiers comme s’il devait souffrir les derniers outrages. Entre Stanley Plaza et Pottinger Street, Il n’a compté pas moins de 32 virages que son pilote devait considérer comme des lignes droites. Quel intérêt d&#8217;aller à Ocean Park ?… Ce parc d’attractions pour pleutres en mal de week-end. Les meilleurs roller-coasters de Hong-Kong sont le 6X, le 66 et bien évidemment le 260 Direct Central (les mini-bus verdâtres sont hors compétition) dans lequel certains chauffeurs ont même cru bon investir dans des gants de Formule 1.</p>
<p><em>« Now helter skelter helter skelter</em><br />
<em>Helter skelter yeah… Ooh!»</em></p>
<blockquote><p>
La pénombre, les falaises, le vide, la vie, la mort, mes fesses, la commode, le jeu des branches qui cognent les vitres et ces virages en lacets, abrupts et casse-ta-gueule qu&#8217;on regarde du coin de l&#8217;oeil en pensant j&#8217;ai pas peur, se disant ouah quand même. A 10 dols Le tickson de manège, les 45 minutes de sensations fortes sont données et l&#8217;envie de gerber n&#8217;a jamais été aussi concomitante de la peur de mourir.</p>
<p>Et pourtant… Une question venait le tarauder quasi-quotidiennement : <em>comment se fait-il qu&#8217;il y ait si peu d&#8217;accidents sur l&#8217;île?</em> Ça doit dépendre d’un pas bol d’être dans les parages, un sale jour à 130 tués à l’heure.
</p></blockquote>
<p><em>« When I get to the bottom I go back to the top of the slide</em><br />
<em>Where I stop and I turn and I go for a ride</em><br />
<em>Till I get to the bottom and I see you again</em><br />
<em>Yeah yeah yeah hey »</em></p>

		</div>
	</div>

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	</div>

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			<blockquote><p>
Sain et sauf, George prend la réalité en main, celle qui crisse et qui suinte. Celle qui mitraille. Il fait halte à <span style="text-decoration: underline;">l&#8217;Envoy</span>, le bar du Pottinger, et se cale le fondement sur cette terrasse que les lointains refusent. Il baisse le volume et respire plein-poumons. Il se sent en sécurité enfin. L&#8217;ombre des buildings s&#8217;orne des néons et les antennes au faîte mentent sur les hauteurs. C&#8217;est là qu&#8217;il aime siroter innocemment son <em>Meurtre de L&#8217;Orient Express</em> en murmurant que c&#8217;est la vodka qui a fait le coup. Et il se sent heureux, loin si loin des petits tracas qui tracassent, loin si loin de Paris et des monts qui le parnassent.
</p></blockquote>
<p><em>« Look out, cos here she comes »</em></p>
<blockquote><p>
Il remonte le volume à la bride de son casque et c’est encore Helter Skelter qui passe en boucle depuis tout à l’heure sans qu’il se soit rendu compte de la sourdine rengaine et du <em>repeat again</em>. Durant les cinq minutes qu’il consacre à perdre quotidiennement, il se rend sur Facebook, explorer l’introspection au tout venant de ses amis par milliers, chialant sur l’abrutissement des uns &#8211; <em>qu’il allait virer, les éclats de joie trop-beaux-pour-être-vrais des autres qu’il allait garder, en songeant à les virer.</em></p>
<p>Jingle/bing. Un push connecté Bandsintown – Eagles of Death Metal- LE BATACLAN – Paris, France Interested- Going-get tickets. Friday November 13, 2015 – 7 :30 PM.</p>
<p>Top la venue des Eagles, si ça se trouve Boris y va avec Ju, Som aussi d’ailleurs… Ils ne s’en vantent pas sur le fil d’actus mais à tous les coups ils ont eu des places avec Ben. Il nous en avait eu pour Fauve l’an passé, il a dû y aller avec Rox et laisser le petit à la maison.
</p></blockquote>
<p><em>« I’m coming down fast but don’t let me break you</em><br />
<em>Tell me tell me tell me the answer</em><br />
<em>You may be a lover but you ain’t no dancer»</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://twitter.com/svenlarsonn"><span style="text-decoration: underline;">Sven Larsonn</span></a></p>

		</div>
	</div>
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		<title>Sauvés par le Kong #2</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/sauves-par-le-kong-n2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2015 02:29:31 +0000</pubDate>
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			<blockquote>
<p style="text-align: center;" align="&quot;justify"><strong>PETER PAN S&#8217;EST SUICIDÉ</strong></p>
<p align="&quot;justify"><em>&#8220;Ici l&#8217;éducation c&#8217;est l&#8217;excellence. A tout âge et surtout à n&#8217;importe quel prix. C&#8217;est bien simple un gamin qui rentre en 6ème c&#8217;est comme s&#8217;il s&#8217;entraînait pour les J.O&#8221;</em></p>
<p>George Dupont émerge d&#8217;un mauvais rêve. Un de ceux qu&#8217;il confondra plus tard avec la réalité. Des gosses parlant comme des adultes se foutent de lui et l’enjoignent de sauter… Il le connaît bien ce cauchemar, mais à chaque fois il se contente de sauter dans son jean.</p>
<p>Café bu, Ipad pris, b-a-ba d&#8217;une matinée dans l&#8217;élan. La bonne humeur revient, le retard la chasse. Une fois de plus il va devoir se battre contre la masse informelle du temps, gagner du terrain tandis que les minutes s&#8217;égrénent. Sur Caine Road il marque le pas dans une économie de mouvement qui s&#8217;avérera vaine.</p>
<p>Son retard transpire par tous les pores. <em>7/Clim’ Heaven/11.</em> Il franchit le seuil du hâvre climatisé quand clinque le texto salvateur, inespéré. Rencard annulé. Il souffle et séche dans un de ces moments Nutella où tout s&#8217;accorde à être cool et en place. Remontant le volume de son Iphone il entend les rires enfantins et le décompte liminaire de Kids.</p>
<p><em>&#8220;You were a child, crawling on your knees toward him Making momma so proud…“</em></p>
<p>Sur son écran un push de News Republic annonce un truc sale de bon matin. Peter Pan s’est suicidé. George cesse de dégouliner. Le Nutella fond. L&#8217;humour redevient cruellement la politesse du désespoir.</p>
<p><em>Merde, même toi Robin t&#8217;y croyais plus alors…</em> Sale temps pour l&#8217;innocence bronche Georges en ouvrant son sachet de Skittles, larme à l&#8217;oeil.</p>
<p><em>&#8220;Control yourself, take only what you need&#8221;</em>
</p></blockquote>

		</div>
	</div>

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<p align="justify">La veille lors l&#8217;un dîner arrosé &#8211; c<em>omprendre qu&#8217;entre la poire et le fromage les poncifs avaient balayé depuis super-lurette toute forme embryonnaire d&#8217;argument</em> &#8211; les sujet de l&#8217;éducation, des enfants, de l&#8217;éducation des enfants furent abordés. Et d&#8217;abordage l&#8217;on plongea prestement dans la piscine à débordements du grand n&#8217;importe quoi.</p>
<p><em>&#8220;A Hong-Kong, l&#8217;éducation c&#8217;est l&#8217;excellence. A tout âge et surtout à n&#8217;importe quel prix. C&#8217;est bien simple un gamin qui rentre en 6ème c&#8217;est comme s&#8217;il s&#8217;entraînait pour les J.O. C&#8217;est formatage intense mais bon faut voir les résultats qui suivent aussi-hein-euh-attends-j&#8217;veux dire… Tiens repasse moi le Saint Nectaire…”</em></p>
<p>Jean Paul le lui soutenait “<em>mordicus</em>” et il avait lu plusieurs études sur le sujet. Ça partait mal. Georges aimait sournoisement entendre “<em>mordicus</em>” dans une discussion. Ça conférait un côté Harry Potter un peu con à l&#8217;interlocuteur. Comme toutes les locutions latines d&#8217;ailleurs, paravent de répartie des avocats, boucliers béats pour la curetaille.</p>
<p>Jean-Paul poursuivait. George souriait.</p>
<p><em>&#8220;En France c&#8217;est bien simple c&#8217;est le bordel… Y&#8217;a plus de notes, plus d&#8217;émulation, on a peur de les traumatiser ces petits êtres fragiles… Le bac pareil c&#8217;est donné… Regarde le petit Vivien il a même eu une mention alors qu&#8217;il est con comme une valise sans poignée…“</em></p>
<p>George suffoquait à la surface, Jean-Paul lui infligeait son waterboarding depuis près d&#8217;une heure. Il décidait donc de replonger dans ses années 90 à l&#8217;époque où ses maîtresses avaient instauré le deal <em>&#8220;un 10/10 vaut une image Panini Olive &amp; Tom ou un dalmatien en céramique”</em>… Malgré ses bonnes notes il lui avait toujours manqué Tom alors que sa table de nuit dégueulait de clébards en statuette. Plus tard il avait conclu que les contrôles de Madame Le Bihan lui servaient clairement de vide-greniers.</p>
<p>George ne savait pas si c&#8217;était mieux avant, si les applis ludiques 2.0 valaient un bon vieux ballon-prisonnier, si parler trois langues à 8 ans vous préparait vraiment à aller vers les autres et quand il voyait dans quel état le port de l&#8217;uniforme avait rendu Avril Lavigne ou Bon Scott il préférait laisser ses inclinaisons passéistes de côté.</p>
<p>Il pensait juste qu&#8217;il ne fallait pas perdre ses illusions trop vite, que les gosses ont besoin de rêver à d&#8217;autre choses que planifier des plans de carrière. La réalité est déjà tellement violente pour un adulte. <em>Isis love?</em></p>
<p>Enfin bon, Robin Williams s&#8217;était donné la mort, ça allait forcément être une journée de merde. Peut-être avait-il lu quelque part lui aussi que Neverland n&#8217;était en réalité rien d&#8217;autre qu&#8217;un cimetière dans le conte de J.M Barrie et que les enfants perdus ne vivaient que dans les souvenirs…</p>
<p>Même s&#8217;il le savait, il ne voulait pas y croire.
</p></blockquote>
<p><a href="https://twitter.com/SvenLarsonn"><strong><span style="text-decoration: underline;">Sven Larsonn</span></strong></a></p>
<p>wonderful artwork by <a href="http://flyingrotten.tumblr.com/"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Flying Rotten</strong></span></a></p>

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		<title>Sauvés par le Kong #1</title>
		<link>https://sauvesparlekong.com/editos/sauves-par-le-kong1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2015 02:25:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>HONG-KONG : Port aux parfums mais désert culturel? “Tu verras Hong-Kong, niveau culture c’est zéro…” George Dupont écarquille tellement des globes qu’il regrette déjà d’avoir oublié son petit flacon de produit lentilles. Le petit, le bleu et rouge, négligemment déposé sur le lavabo entre le dentifrice séché et l’envie de dormir. Derechef il s’interroge. « [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>HONG-KONG : Port aux parfums mais désert culturel?</strong></p>
<p><em><strong>“Tu verras Hong-Kong, niveau culture c’est zéro…”</strong></em><br />
<strong>George Dupont écarquille tellement des globes</strong> qu’il regrette déjà d’avoir oublié son petit flacon de produit lentilles. Le petit, le bleu et rouge, négligemment déposé sur le lavabo entre le dentifrice séché et l’envie de dormir.</p>
<p>Derechef il s’interroge. <em>« C’est zéro alors ? »</em>. Wanchai est si pieusement vide ce soir-là… Quasiment rien à reluquer, rien quasiment qui vous reluque.</p>
<p><em>“Ça doit être encore un jour férié consacré à un dieu dragon”</em> se dit George, un chouïa déçu. Ah si ! Là-bas au loin un couple de Chinois qui se roulent une galoche… Il marque un temps, il peut, c’est aussi rare qu’une aurore boréale.</p>
<p><strong>George se reprend, fixe son compagnon de tablée tel Wayne John.</strong> Et si le gars en face de lui avait le degré d’alcoolémie inversement proportionnel à la négativité des choses qu’il semble aboyer… ? Bah nan. Il y croit. Il patauge même. Hélant la serveuse d’un « one more » tout sourire, plein de dents brandies.</p>
<p><em>« Moi c’est bien simple, je rentre à Paname dans 10 jours, je profite de ma petite femme et je me fais la totale Orsay, le Louvre, Carnavalet, les expos, la totale quoi, j’adore, c’est ça Paris ! Bon tu me diras le Louvre j’y suis jamais allé… »</em></p>
<p>Et merde, t’aurais dû rentrer chez toi ce soir Rocky Raccoon.</p>
<p><iframe loading="lazy" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/0jwzCXYERls?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p></blockquote>
<blockquote><p><em><strong>George a failli lui dire : &#8220;Je ne veux plus jamais qu’un son qui émane de ta bouche soit dirigé vers moi.»</strong></em> Pendant qu’il maugrée cette vilaine pensée, le type en chemise bleu azur ne transpire toujours pas alors que la température ambiante avoisine les 35° et que l’air con défaillant accrédite une certaine thèse du complot imaginée par George, contre George, paranoïaque en nage.</p>
<p>Il se contente lors de prendre un programme du French May, à proxi. Qui traîne là. On lui avait dit à l’instar d’un Patrice Lafont dans Pyramides ; au sujet du grand frenchy raout, en 3 briques : <em>« sponsors », « nombrilisme », « fais-toi-plaize… ».</em></p>
<p><strong>Mais vous connaissez George</strong>, il aime se faire un avis par lui-même, dégoulinant de bonne volonté. Délaissant son comparse de fortune, il feuillette, checke et gribouille un improbable fourre-tout en guise de mémorandum. Wipe out-Nicolas Vial &#8211; les Brigitte- French Gourmay- Le Corbusier – la porcelaine des rois- Paris Paname – Ca c’est vraiment toi – Le Bourgeois Gentilhomme- Tel Quel – Blblblb – etc. N’en jetez plus.</p>
<p><em>La curiosité est un vilain défaut qui n’est pas donné à tout le monde</em> – se dit George. Mais pour peu qu’on ait le temps et la motive de se mettre sur ses deux petites pattes arrière, Hong-Kong regorge de facettes arty et musicales qui sont largement comprises entre le zéro et l’infini (merci mon Koestler). <em>Ce n’est pas Paris, Micheline, ce n’est pas Venise, Francesco</em>, il en convient. Mais il ne peut pas nier que l’effervescence de mai à HK lui avait permis de faire-french ce qu’il lui plaît. Sorti de ses pensées, George lève les yeux.</p>
<p>Deux auréoles azur prennent forme.</p>
<p><a href="https://twitter.com/SvenLarsonn"><span style="text-decoration: underline;">Sven Larsonn</span></a></p></blockquote>
<p>Twitter <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://twitter.com/SvenLarsonn">@SvenLarsonn</a></span></p>
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