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Karaoké Pandore - SAUVÉS PAR LE KONG
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Karaoké Pandore

Karaoké Pandore

« La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas »
André Breton, Nadja (1928)
Keshi artwork by chaussette b. Instagram / chaussetteb
Poème publié dans le magazine @traitdunionfr de septembre 2020 !
 
Nuit
Entre la roue d’la Tour-Maubourg,
Loin des pantins Pantin, tout à côté Mong-Kok,
A quelques encoignures des Fours qui fumivores
Fument jusqu’aux matins,
Y’avait quartier du Gros-Caillou,
Une Sphinge-énigme dont les yeux doux dardaient satin.
De braises abruptes et sans lendemain,
Je dévidais bobine, suivais mon mou chemin
Il faisait nuit, il faisait noir,
Plus m’approchais, plus me sentais lointain,
Il faisait jour, il faisait soir,
Mais j’étais pas certain.
Au Temple Fumoir – Karaoké Pandore,
Théâtre magique, seulement pour les fous
Ce furent des somnolences, grisant, comme des paratonnerres, d’encore,
Et des intempérances comme des coups de boutoir.
Tous revenaient la voir, et puis s’empoisonner et de fées vertes et de blés noirs,
Labdacides et contristés, boitant, boitant, boitant encore dans cette mélopée,
Ce carousel de louves sans portes dérobées
Où les sirènes et les serveurs chantaient au débotté :
« Des traces d’amour
Sur d’anciennes maîtresses, ma sœur
Des races d’étreintes
Sur d’ici-bas prêtresses, mon cœur
Viennent les orages comme les rumeurs »
Et je ne sais plus si j’ai inventé ce refrain,
En quatre temps, ou en cinq actes.
Son bas à elle, Keishi le remontait,
Moi beau Baal je lui balbutiais…
Gestes barrières vains, tragi-comiques,
Loin des baisers colombins et des fables en hic.
Une gorgone, Keishi, au magnétisme noir,
Dont la douleur vous pétrifiait d’égards.
Pisse-lyre, je lui bissai
Que tous les hommes voulaient l’avoir:
« La rencontre des yeux,
Des je t’aime parjures
Qui n’auront pas lieu,
Des cocktails drogue dure
Puis la poudre aux yeux
Qui rien d’bon n’augure
Éteignent nos cieux »
Et tout autour sûrs d’eux, et tous autour firent mieux,
Œdipes à contretemps dans une pièce écrite d’avance :
Spectacular Sisyphes spectaculaires
A pilonner des gros cailloux sur des cuvettes en fer.
Toute la destruction du monde dans un coup de hanche,
Tout ton sourire crépusculaire défait par la domination d’un manche,
Leurs fougues alanguies, tu disais non, tu disais oui, pourvu qu’ils ne croisent ton regard.
Aux alentours soufflaient les non, les oui, loin des béni-oui-oui,
Que tu pétrifiais d’égards.
« Tu es partie
Je sus
Que glissèrent
Toutes
Tes mues
Et que tous tout autour
Se sont
Tus. »
–  Keishi tu es un diable dont les mains glissent, arpentent parois et misent sur des lendemains-champagne que présent grise. Tu parles de tes parents, surtout de ce qu’ils vont en penser, puis ne veux plus penser à rien, mutine, sur futur vise, ton échappée, ne retiens plus tes mains. Jusqu’au petit matin. Tu te moques de tout et les imite, prends ma place, ronds de fumée et morgues audaces : « faut apprendre à crever à la seconde ma meuf, c’est comme ça que la mort s’apprivoise », et tu tousses, et ris, et te ressers, en nage, heureuse. « Et n’oublie jamais que je t’aime ». C’est des promesses de gosses, tu ris : « Ça se cogne en coin, on croit que, promet, puis rien. Tu sais bien que c’est un jeu, que je ne t’aimerai point. » –
Jour
Entre la rue d’la Tour-Maubourg et…
Loin des quartiers Latins, passé Sheung Wan,
A quelques encoignures des Tours qui tournicotent
Tournent jusqu’au matin,
Y’avait quartier du Gros-Caillou
Une Chimère dont les feux doux diapraient satin.

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